Québec, au Canada, a été considéré récemment comme une ville parfaite pour le boom du minage, car plus de centres de données s’y sont installés pour profiter des climats relativement froids et de l’électricité pas chère. Tout le monde n’en est pas satisfait, surtout les autorités locales qui ne voient pas pourquoi l’argent décentralisé, invisible et magique de l’internet vaut n’importe quoi.

Le gouvernement de Québec repousse l’engouement du minage Bitcoin

Actuellement, Québec compte plus de 40 centres de données, soit environ 350 mégawatts. Dans seulement deux ans, les projections indiquent que le minage pourrait entraîner une utilisation d’environ 1000 mégawatts. Cependant, le premier ministre, Philippe Couillard, n’est pas content : « Si vous voulez venir vous installer ici, brancher vos serveurs et faire le minage du Bitcoin, nous ne sommes pas vraiment intéresses. Il doit y avoir une valeur ajoutée pour notre société; le simple fait d’avoir des serveurs pour faire du minage et acquérir de nouveaux bitcoins, je ne vois pas la valeur ajoutée. »

Et les transactions de minage du Bitcoin viennent à l’une des provinces les plus excentriques du Canada. Eric Martel, le directeur général d’Hydro-Québec, le fournisseur d’énergie du gouvernement de la région, a affirmé avoir « reçu des centaines de demandes, ce qui aurait besoin de plus de 9000 mégawatts d’énergie, soit environ le quart de la capacité de production totale de 37000 mégawatts », d’après Montreal Gazette. Hydro-Québec a déclaré le mois dernier qu’ils étaient en conversations avec plus de 30 entreprises de cryptodevises.  

Il a continué en disant que: « Il y a un véritable engouement pour Québec. J’ai fait de nouveaux amis sur Linkedin de la Russie, la Chine et bien d’autres lieux. Le téléphone n’arrête pas de sonner », a indiqué M. Martel. Même si Hydro-Québec est la plus grande société d’électricité, elle pense que les demandes de minage ne pourront pas être satisfaites, et des signes de schizophrénie économique commencent à se manifester.

Pour sa part, le premier ministre Couillard ne croit pas que le minage du Bitcoin constitue « un véritable écosystème ou une véritable transformation technologique centré sur le blockchain (chaîne de blocs).» Encore une fois, la province est connue pour ses stands excentriques, et surtout pour son attachement à la langue française, qui est si profondément ancrée que l’État fonctionne presque comme un pays à l’intérieur d’un pays. 

Schizophrénie malsaine

Hydro-Québec semble avoir causé son propre problème. Il a sollicité la communauté minière, au moins pendant un certain temps. L’équipement compte plus de 60 centrales, qui alimentent plus de 36000 mégawatts et fournissent souvent même certaines parties de la Nouvelle-Angleterre avec l’excédent. Si n’importe quel fournisseur d’énergie du gouvernement pouvait accommoder le minage, ce serait eux.

Néanmoins, « Si tout ce que nous faisons est de connecter les mineurs de Bitcoin qui ont fait une demande, nous pourrions créer un problème pour nous-mêmes. Il y a des limites à ce que nous pouvons faire. J’ai un énorme réseau avec beaucoup de capacité, mais je ne peux pas héberger la planète entière », a expliqué M. Martel. « Si vous pensez aux 10 plus grands noms mondiaux des centres de données, nous parlons à presque tout le monde. Nous avons des espaces disponibles et notre énergie est renouvelable à 99 %. Pour l’image de marque d’une entreprise, c’est beaucoup mieux quand vous pouvez dire que votre centre de données fonctionne avec de l’énergie renouvelable. »

Dans une économie mondiale où les pays ont catégoriquement interdit le minage ou la régulent à mort,  Québec devrait faire attention de ne pas exagérer. Le capital et les entreprises ont tendance à aller là où ils sont les bienvenus. Selon la Gazette, « Hydro-Québec aura besoin de plusieurs mois pour examiner toutes les demandes et ne pourra probablement pas répondre à toutes ». La société n’a pas non plus l’intention de construire de nouvelles centrales hydroélectriques pour l’industrie naissante. L’une des options envisagées par Martel consiste à facturer aux mineurs de Bitcoin plus que le tarif d’environ 5 cents canadiens par kilowattheure que les utilisateurs industriels, comme les centres de données, devraient normalement payer. »

Québec, tuera-t-il la poule aux œufs d’or ? Laissez vos commentaires dans la section de commentaires ci-dessous.

 

Article original écrit par C. Edward Kelso pour News.bitcoin.com